En rentrant sur Lourdes vendredi soir sous l’orage, je me doutai bien que le we canyon sur Gavarnie s’annoncerait difficile. Certes l’eau amène de la saveur au canyon mais point trop n’en faut ; ce serait comme noyer un Ricard.

Pas d’inquiétude samedi pour le caouba des Gloriettes (v3a3III), protégé car situé sous le barrage du même nom, dans le cirque d’Estaubé, où me rejoignent Philippe et Xavier pour la pause déjeuné.

Il fait beau et nous pouvons apercevoir du bout du lac artificiel, le pic de Tuquerouye et le sommet du mont Perdu fraichement enneigé. Le cadre est magnifique et la descente pas inintéressante avec une première partie encaissée et aquatique, ouverte ensuite avec de belles rampes et sa cascade finale dite du « bouddha », qui nous a bien plus réveillés par son eau froide et sa marmite siphonnant qu’éveillés à une dimension supérieure. Quand la cascade est bien arrosée, tous les sens sont réceptifs et l’esprit monopolisé par ces sensations, analysant immédiatement cet environnement proche et hostile ; mais est-ce peut être cela la vraie spiritualité, qui prend à la fois en compte son état propre et son interaction avec le monde, plutôt qu’un sentiment issu d’une situation isolée et recluse.

Laissant mes 2 amis rentrer tranquillement sur Toulouse, je pris la route de Gavarnie mais pas sans avoir jeté un coup d’œil depuis la route à la cascade de PichGaillard où je prévoyais d’aller le lendemain. Effectivement la veine de droite coulait faiblement ce qui augurait d’un gros débit dans le canyon de Saugué (v5a3III).

J’exposai ensuite la situation à Thierry, Aurélie et Michel venus me rejoindre aux granges de Holle, devant un repas copieux et un bon feu de cheminée ; Joseph et Catherine étant une fois de plus ravis de nous voir arriver à l’heure.

Dimanche, le temps était clair et propice à une belle journée, la cascade réévaluée le matin avait dégrossie mais restait puissante, ce qui nous amenait toujours à la plus grande prudence. Habillés plus chaudement qu’à l’accoutumée en préparation à une longue course, nous nous sommes vite rendus compte que la descente serait technique et éprouvante : chaque cascade bouillonnait à l’arrivée, la moindre vasque présentait un drossage, un toboggan d’ordinaire insignifiant éjectait avec force sur le ressaut d’après… bref, mes compagnons étaient attentifs et manièrent avec brio les techniques aquatiques ;  ma corde d’eau vive nous rendant bien service. Il n’y eut de négatif que c’est impossible rappel de corde sur un guidé en boucle, qui m’obligea à la couper après moultes tentatives infructueuses. Le Saugué aura quand même pris sa taxe de passage.

Arrivés finalement à la fin de la partie supérieure au bout de 6h (au lieu de 4 prévus), nous prîmes d’un commun accord la décision de ne pas nous engager dans la partie inférieure encore plus technique et qui aurait pu nous faire sortir de nuit. Il nous restait encore à remonter 1h  pour récupérer la voiture (la navette n’étant plus possible) et à profiter agréablement de la fin de journée sur Luz st Sauveur, autour d’une bonne bière basque et de produits locaux.

Promis, nous reviendrons l’année prochaine parcourir la partie inférieure et sa belle grande cascade de 52m fractionnée et chargée d’embruns !

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