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Webcam - Pic du midi

Webcam pic du midi

Demi carros del foc

7 participants pour ce court raid dans les Encantats du 1er au 4 mars. 4 jours épiques, intenses, avec à peu près toutes les météos et une neige abondante.

 

Le premier jour, départ à 10h du parking en dessous des Banhs de Tredos, bien motivés...nous ne savions pas ce qui nous attendait. 1h30 de montée sous une neige légère, il fait doux, peu de vent, nous hésitons même à prendre la variante longue par le col de Sendrosa pour aller rencontrer les nouveaux gardiens de Saboredo et y prendre un café. La raison s’impose à nous, le gardien de Colomers croisé au parking et le propriétaire de l’hôtel des Banhs de Tredos nous font remarquer qu’avec la météo prévue et les quantités de neige en place il vaut peut être mieux privilégier l’itinéraire le plus simple. Je connaissais la corniche de Sendrosa, et vu la description qu’en a faite Laurent Mauzaize quelques jours auparavant je ne sais pas comment nous l’aurions franchie avec la visibilité qui nous attendait.

Les étangs au dessus de Colomers s'enchaînent, et c’est à partir de l’étang d’Obago que les choses se corsent un peu. Le vent, la neige et le froid augmentent et la visibilité diminue. Les GPS sont sortis, qui nous permettent d’atteindre d’abord le port de la Ratera, où un vent frais nous libère du couvre-sac de Marie qui battait inutilement depuis ce matin.

La descente se fait en mode “piou-piou”, à 3 mètres de distance pour ne pas se perdre de vue. Etonnament le moment est loin d’être désagréable, il n’est pas question de savoir si c’est une bonne journée ou si un autre lieu eût été plus adapté : il faut arriver au refuge !

Déjà lors de la descente “piou-piou” la chose pointait le bout de son nez, mais quand il s’est agit de repeauter la confirmation fut complète : nous avions une très belle hétérogénéité dans le groupe, et les 1500m quotidiens annoncés et demandés n’étaient pas de trop pour franchir les 1000m du jour.

Bref, après un scotchage par William de ses peaux décollées, un réchauffage par Michaël de ses peaux refroidies, ponctués d’une coulée spontanée d’ampleur modeste, et suivie d’un grattage de la fixation gelée de Laurent, il se fit 18h50 et nous arrivâmes au refuge d’Amitges, où de jeunes gardiens rastafaris nous attendent avec un fameux repas.

 

Le deuxième jour fut beaucoup plus simple. Départ à 8h, il a neigé une bonne dizaine de centimètre, un peu de bûcheronnage pour rejoindre l’étang de Sant Maurici, et nous remontons le vallon de Monestero, bordé des imposantes aiguilles des Encantats. A mi-pente, une énorme coulée de plaque (plus de 50cm d’épaisseur) nous rappelle encore une fois que le terrain est miné. Le col s’atteint ski au pied, et nous mettons de grandes distances dès que la pente se redresse. Une superbe descente de l’autre côté et nous atteignons le refuge Josep Maria Blanc à un horaire tout à fait respectable. Avec Thomas et Caroline nous remontons vers le pic de Monestero pour profiter encore de la neige excellente.

 

Le troisième jour fut parfois simple et parfois compliqué. La journée était longue, il fallait rejoindre le refuge d’Estany Long. Les gardiens nous conseillaient des choses contradictoires, mais passant plutôt par le refuge de Colomina et le col de Dellui. Avec un départ vers 7h30 et un bon rythme, nous atteignons l’étang de Saburo en milieu de matinée, plein d’énergie après cette belle descente et sous un beau soleil. En concertation avec Thomas nous décidons de prendre l’itinéraire haut, par le col de Carbonera à 2800m. Vu l’heure et la météo annoncée pour le jour, nous aurons le temps de faire demi-tour si les choses se compliquent. Nous mettons de très grandes distances entre nous pour réduire les risques liés aux avalanches. Risque de déclenchement accidentel d’une part, mais surtout pour ne pas être 7 tous pris en même temps. La descente jusqu’à l’Estany Morto est forcément superbe, et une fois n’est pas coutume, nous faisons une pause déjeuner dans les règles de l’art Cafiste. Encore des distances pour monter au col de Gavatxos sur la trace sûre et régulière de Thomas. Derrière c’est un festival de neige “de qualité japonaise” qui nous fait louvoyait entre les sapins et les petits étangs. A l’Estany Long, juste avant le refuge, nous décidons avec Thomas et Caroline d’aller repérer le parcours pour le lendemain. Le temps est annoncé mauvais pour notre dernier jour, et il faut franchir un cirque qui vu d’en bas ne présente pas de passage évident. Arrivés dans le cirque, et après que je me sois octroyé un petit bain dans le lac en voulant remplir ma bouteille d‘eau, nous procédons par élimination : le passage à gauche est certainement esthétique et directe mais exposé au dessus de barre, le passage à droite paraît raide et demain matin en neige dure ça risque de poser problème, nous nous engageons donc dans le couloir du milieu, qui présente une pente régulière. Après quelques efforts (et “floc, floc” dans mes chaussures), nous sortons du couloir, crampons aux pieds, et apercevons la porteille de Colomers, le passage clé de demain. Descente dans le couloir à 35°, un peu coulant, que nous profitons pour purger plus complètement.

Cela fait 3 jours que nous sommes partis, à part les gardiens nous n’avons croisé personne, et nous rencontrerons nos premiers randonneur ce soir, montés au refuge d’Estany Long en raquettes.

 

Le dernier jour fut relativement compliqué. Une vague d’ennuis gastriques finit de traverser le groupe, et dehors il neige fort. Très satisfaits de notre repérage de la veille, nous nous engageons sereins dans le couloir. Le rythme est bon, de l’avantage de groupes de taille raisonnable. Après c’est le jour blanc, visibilité de 2 à 3m, avec des passages à 500m pendant quelques secondes. Il faut donc prendre le plus de distances possibles tout en s’assurant de rester en vue. Avec l’aide de nos GPS et d’un brin de magie nous trouvons l’aiguille dans la botte de foin du premier coup : nous atteignons la porteille de Colomers !

Le reste est un peu de jour blanc, de belle éclaircie, de neige abondante devenant collante, et d’un retour à la civilisation brutal pour certains chez Urtau à Artiès.

 

Un grand merci à Marie, Caroline, Laurent, William, Mickaël et surtout Thomas qui m’a beaucoup aidé pour l’organisation et la conduite de cette belle aventure.

 

Quelques (nombreuses) photos : https://photos.app.goo.gl/FPQRyTx8D2zJzw9t2

Traces GPS (une erreur le deuxième jour) : https://drive.google.com/open?id=1wJdOaGondwLG4Cc1NpT0ivKJFtSQc0yc