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Jeudi soir, je n'ai pu me libérer pour assurer les inscriptions..
J'ai donc confié cette tâche à un autre encadrant .... et c'est vendredi matin que j'ai pu m'apercevoir que nous allions être 17 dont plusieurs pour qui cela allait être la première sortie de ski de rando.
Heureusement, Philippe Feix et Philippe Soler se sont raccrochés à ma sortie et avec quelques désistements de dernières minutes, nous étions toujours 17 dimanche matin sur la parking de Roquesmais nous comptions désormais trois encadrants.

Direction Arreau puis le village de Bareille à 1050 m.

On m'avait dit qu'il y avait de la neige, mais je ne m'attendais pas à en voir autant.... si bas... surtout un 24 novembre.
On se serait cru en février... dans les rocheuses canadiennes.
De la neige partout dès 1 000 m et en grande quantité.
Nous avons quand même pu monter à Bareille sans mettre les chaînes mais la route était bien coupée dès la fin du village
Comme c'était la première sortie de la saison pour la plupart et que nombre de participants allaient effectuer leur première sortie de ski de rando tout court, tout le monde a eu droit à un très longue introduction sur le ski-alpinisme, du ski au DVA en passant par les peaux, l'équipement, le profil de la sortie et la gestion de l'effort.
Après trois bons quarts d'heure sur le parking, nous voilà donc parti pour remonter la très longue route qui va nous mener jusqu'à la Cabane d'Artigue
La nature est magnifique même si il manque le soleil pour rendre tout cela extraordinaire. Les arbres ploient sous 30 bons centimètres de neige très froide. La trace est profonde et facile et seules quelques rares traces d'animaux viennent zébrer ces paysages immaculés. Et dire qu'il y a quelques semaines, début novembre, on se prélassait dans les prairies sous une chaleur presque estivale.
Après plus d'une heure et demie à remonter, sans encombres, cette superbe route forestière, nous nous engageons sur l'itinéraire d'été qui doit nous conduire au lac de Bareille.
Peu à peu, le brouillard nous enveloppe et la foret est tellement transfigurée par les accumulations de neige que j'ai du mal a reconnaitre la trace du cheminement à travers les arbres. Avec le brouillard qui modifie les distances, c'est un bel entrainement à l'orientation qui se présente pour cette première sortie de l'année. 
Grace à Iphigénie, mon routeur intégré à l'Iphone, je ne dévie pas trop de la trace même si des clairières apparemment plus avenantes se présentent et nous incite à abandonner l'itinéraire.

Grosse session de conversion dans le premier goulet où les débutants ont pu apprécier la supériorité de la conversion "Polka" sur la conversion amont classique.
Avec toute cette épaisseur de neige, mieux vaut bien maitriser la conversion si on ne veut pas laisser trop d'énergie dans l'affaire.
A la sotie de la foret, un second raidillon se présente. Il défend l'accès au lac de Bareille. La pente est devenue bien raide et nous prenons des espaces de sécurité.
Par moment, même avec les skis, la neige est si froide et légère que je m'enfonce au-dessus du genou.
Néanmoins, la pente tient mais il faut rester prudent et concentré.
Ce petit passage critique étant passé, nous arrivons un peu au-dessus du lac que nous devinons en contrebas.
Seule sa moitié nord est prise par la glace et la neige. Le reste est en eau libre.
Nous faisons la pause casse-croute et, comme tout le monde est encore en forme, après 30 mn de repos, nous poursuivons notre route vers le col du Montious dans un brouillard de plus en plus dense.

Je ne reconnais absolument pas l'itinéraire que j'avais mémorisé lors de mes précédentes venues mais mon GPS est formel. Nous sommes dans la bonne direction, pile sur l'itinéraire.
Dans ces conditions de navigation sommaire, je dois reconnaitre que le GPS est un sacré compagnon.

Nous poursuivons notre cheminement et je passe le relai pour assurer la trace qui, en montant devient moins profonde.
Après quelques hésitations, nous débouchons au col. 
Il y a toujours du brouillard, aucune visibilité mais nous sentons que le soleil est tout près, 100 ou 150 m au-dessus de nous.

Nous longeons la crête sur quelques dizaines de mètres et, arrivé à une anté-cime vers 2130 m , juste à 50 m de dénivelle du véritable sommet, nous stoppons notre progression. Inutile d'aller plus loin et de s'exposer sur la dernière pente qui versse l'ouest alors que nous n'avons aucune visibilité et que nous ne connaissons pas bien la bonne tenue de la pente.
Et puis, certains commencent à être fatigué après 1050 m de dénivelle.

Les mauvaises nouvelles ne tardent pas à arriver. 
Elodie a beaucoup donné dans la montée. Elle est assez fatigué et la descente ne va pas être de tout repos.
Rémy a sa fixation qui flotte et il déchausse dès qu'il la sollicite.
Un autre a une fixation mal réglé et la butée avant flotte et, enfin, cerise sur le gâteau, il y en a un qui..vient de casser sa fixation.
Bref, la saison commence bien.
Séance réparation. Nous cherchons a bloquer la fixation à plaque avec des pièces de1 cm d'euro et une bonne couche de scotch américain... mais en vain. Il va falloir descendre... en position montée.... et il est déjà 16 h.
La nuit tombe dans une heure et demie.
Bref, des conditions que j'aime même si tout le monde n'aime pas particulièrement le ski crépusculaire.

C'est les premiers virages de la saison après 6 mois d'abstinence.
Le virage est hésitant, la technique perfectible et dans cette neige profonde, les chutes sont nombreuses. Heureusement, malgrès quelques déchaussages, nous ne perdons aucun ski d'où l'utilité des lanières (avec fusibles) dans cette neige.

Certain(es), tombé(es)s dans des positions parfois compromettantes ont du mal à se relever tant on brasse dans cette poudre.
Je passe devant pour fendre la neige sans aucun repères visuels. Je dois être sur mes gardes prêt à anticiper.... une rupture de pente ou une congère totalement indétectable dans ces conditions de visibilité.
A un moment, je chute brutalement d'1m 50...mais je reste debout même si les suivants m'ont vu disparaitre comme aspiré dans le jour blanc...

Petit à petit les bons réflexes reviennent, les chûtes se font plus rares et nous apercevons en contre-bas la masse sombre du lac.
La pente est raide et la neige excellente. Un régal.

Nous longeons le lac avant de dévaler une nouvelle pente raide puis de s'engouffrer dans une bras de foret.

Il faut un peu attendre car tout le monde ne tient pas une forme olympique et c'est bien normal un 24 novembre.

Une dernière grande pente, large et douce se présente . Chacun peut s'étaler et dessiner sa trace avant de rejoindre la piste forestière..
Il fait encore jour et nous sommes pratiquement sortis d'affaire.

Il ne nous reste plus qu'à se laisser glisser dans un profond sillon de neige bien dure tracé par des raquetteurs et quelques skieurs.
Les 6 km de route sont vite avalés et nous arrivons aux voitures juste au moment ou la municipalité allume ses lampadaires. 
Personne ne manque à l'appel...
Direction Arceau puis Sarancolin pour un bon chocolat chaud pour certain et une bière pour les autres.

Le Montious, c'est vraiment du ski pour tious

Les photos : http://www.brunoserraz.fr/skialpinisme/Montious2013/index.html