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Par deux fois reportée pour cause de mauvais temps, j’ai bien cru qu’avec ces dépressions à répétition,  je n’arriverai pas à maintenir au programme cette sortie au Montaigu et Pène det Pourri.

Finalement les épisodes météos de la semaine passée  ont changé la donne. L’humidification du manteau neigeux, accompagnée d’un abaissement des températures a bien réduit les risques nivologiques.  Les chutes de neige modérées de cette fin de semaine, suivies par le beau temps  de ce weekend  auront permis d’atteindre l’objectif avec des conditions optimales.

Départ tôt, ce samedi de Toulouse car la journée prévoit d’être longue avec 1300 m de dénivelé pour rallier le Montaigu.

En remontant la vallée de Lesponne, je constate que la limite d’enneigement est assez haute. Du portage en perspective, ce qui est confirmé à l’arrivée sur notre point de départ au Chiroulet (1050m) où il n’a y aucune trace de neige.

Par un ciel dégagé et un léger vent frais, nous partons donc skis sur le dos, sur le sentier qui va plein ouest en longeant la rivière, jusqu’à trouver les premières langues de neige vers 1300m où nous chaussons au soleil après vérification des Dva. Nous alternons chaussage-déchaussage  jusqu’à atteindre la clairière d’Herraou où l’on franchit la rivière pour rejoindre les pentes Sud du Montaigu.

Quelques dizaines de mètres de remontée dans la forêt, jusqu’à une cabane qui marque la fin de celle ci vers 1370m, et nous pouvons chausser définitivement les skis.

A mesure que nous progressons en direction Nord Est, la vue se dégage. Au Sud nous devinons le Soum de Lascours et vers l’est le Pic du Midi coiffé d’un lenticulaire indiquant le vent en altitude ainsi qu’un changement de temps  qui ne va pas tarder à se manifester. Le ciel va se voiler rapidement. Le groupe est homogène, aussi nous poursuivons à bon rythme, avec quelques courtes pauses, jusqu’à l’antécime vers un peu moins de 2300m.

Le vent froid qui souffle n’incite pas à temporiser. Nous dépeautons rapidement et chaussons les crampons pour attaquer l’arête effilée menant vers le sommet du Montaigu qui porte bien son nom. Celle ci, bien cornichée, nécessite de la prudence.  Vers le Nord, très belle vue sur le Piémont pyrénéen ; Vers le Sud, on observe le vallon encaissé qui mène au lac bleu et que nous emprunterons le lendemain, derrière les cimes sont sous les nuages . Le choix d’un sommet pas très élevé aujourd’hui était opportun .
Nous ne trainons pas trop longtemps ici, la pause déjeuner se fera plus bas à l’abri du vent. Nous chaussons les skis pour la descente. Finalement, à la suggestion de quelques membre du groupe, celle ci se fera par un itinéraire diffèrent de celui de la montée, nous suivrons les traces d’un groupe d’espagnols nous ayant précédé qui tirent vers l’Est. Le trajet est plus direct et évite une traversée moins intéressante. Peut être un peu plus de portage à la fin.

J’ouvre la marche. La neige ramollie en surface sur un fond consistant est agréable à skier. Le manque de contraste au niveau du relief ne permet pas de se lâcher complètement ; ça sera plus aisé pour ceux qui suivent.

Rapide pause casse-croute vers 1950 m et nous poursuivons jusqu’aux cabanes de Courtaou de la Lit vers 1450m à la lisière de la foret. Nous continuerons les skis sur le dos, sur un chemin confortable qui n’apparait sur ma vieille carte IGN et aboutit non loin du point de départ. Une très bonne idée que cette boucle à laquelle je n’avais pas pensé au départ.

Nous avons passé la soirée au gite du Peyras au dessus de St marie de Campan. Malgré la vétusté des installations, l’endroit est toujours aussi sympathique. Le feu de bois aura bien réchauffé l’atmosphère tout comme les éternelles blagues de Laurent.

Un long apéro suivi d’une bonne plâtrée de pates pour tout le monde, histoire de faire le plein de sucres lents pour le lendemain sauf pour Jeff qui préfère carburer au cassoulet. La soirée ne va pas trop s’éterniser car le réveil sera matinal ce dimanche. Laurent et Eric de Grenoble qui l’accompagne doivent rentrer assez tôtpour recuperer un train en fin d'après midi.

Lever 6h. Le ciel est dégagé. Petit déjeuner, rangement  puis retour au Chiroulet vers 7h30, cette fois ci pour remonter le vallon versant Nord qui même au lac Bleu.

L’endroit est encaissé et austère, heureusement qu’il débouche sur un terrain plus accueillant. Il nous faudra porter un long moment, sur le sentier en réfection, jusqu’à environ 1500m avant de pouvoir chausser. Nous mettons rapidement les couteaux car la neige est dure et les pentes plutôt soutenues. Nous suivons le chemin d’été en nous appliquant dans les conversions . Mieux vaut éviter une glissade ici.

Au dessus, Le soleil éclaire les crêtes aux abords du lac que nous atteignons vers  10h30 . Le contraste des températures est saisissant tout comme la vue que l’on peut avoir depuis ici ; vers le Nord sur le Montaigu gravi la veille et vers le Sud, sur lac Bleu avec en toile de fond, l’enfilade de crêtes depuis le Pic de Badera jusqu'à la Pène de Taillade bien plâtrée par les récentes chutes de neige et bien sûr le Pêne det Pourri face à nous.

Nous ferons un longue pause pour profiter du paysage, nous réchauffer et reprendre des forces.

Jeff me fait remarquer qu’un montagnard esseulé nous suit, celui ci se rapprochant on devine plutôt une silhouette féminine.… bien connue de la plupart d’entre nous……. puisqu’il s’agit de Aude . Agréable surprise due au hasard !  Pas tout à fait…. Aude rappelle que la sortie étant au programme, elle n’a rien de confidentiel. Elle se joindra à nous pour la suite.

Laurent et Eric, pressés par leur timing serré vont prendre les devants et faire la trace :
Traversée du lac Bleu puis remontée vers la combe orientée nord est. Le groupe avance à bon rythme, personne ne semble éprouvé par le dénivelé de la veille et du matin. Prenant mon temps pour faire photos, je ferme la marche.

Arrivée au pied du sommet vers 12h40. Le panorama à 360 ° est de toute beauté. Le temps a tenu toutes ses promesses, pas un nuage ne vient obscurcir l’horizon.

Vue, au Nord vers le Montaigu avec en arrière plan la plaine tarbaise, à l’Est vers le Pic de Midi de Bigorre, tout au loin, vers le Sud on discerne bien la muraille de Gavarnie et à l’ouest , toute proche celle du Pène de Taillade.

Eric et Laurent qui sont déjà là depuis un moment ne vont pas trainer, ils se préparent pour descendre par le même itinéraire. A voir leur enchainement de courbes parfaites, on comprend que ça va être très bon à skier.

Jeff et moi même poursuivons, en crampons, jusqu’au sommet sur une arête parfois glacée, pas très difficile, mais qui demande de l’attention. Les autres ont préféré s’abstenir. De là haut, on domine un peu plus, notamment le lac Bleu et le sommet de Pène Taillade qui paraît très effilé sous cet angle.

Nous rejoignons le reste du groupe qui patiente un peu plus bas.

Inès m’a fait remarquer qu’une descente par le vallon nord Ouest serait plus intéressante. On l’avait déjà parcouru ensemble, ainsi qu’avec Aude, il y a une dizaine d’année lors d’une collective que j’avais organisée sur ce même sommet, mais depuis Hautacam via la cabane de la Hourquette d’Ouscouaou. Ça ne rajeunit pas et visiblement ses souvenirs sont plus présents que les miens.

Nous ferons le choix de cette option n’auront pas à le regretter, en ayant le privilège de déflorer cette neige récente, très agréable à skier dans un cadre somptueux avec une alternance de lumières très plaisante.

Il nous faudra pas loin d’une heure, avec les pauses, pour rejoindre la forêt dans laquelle l’évolution à skis n’est pas des plus faciles. Nous mettons rapidement les skis sur le dos pour rejoindre le sentier parcouru la veille qui nous ramène au Chiroulet vers 16h30.

Tout le monde semble très satisfait de ce weekend. Les conditions ont été particulièrement favorables.

Après un arrêt au bar du coin pour se réhydrater, nous avons repris la route vers Toulouse avec beaucoup de monde et de ralentissements, ce qui nous fait d’autant plus apprécier les moments que l’on vient de passer dans un cadre sauvage loin de la foule.

Un grand merci à tous mes coéquipier(e)s, Inès, Sylvie, Aude, Laurent, Eric, Jeff, Nicolas, Thierry et William pour avoir tenu la distance sans sourciller (2800 m de dénivelé sur les deux jours), et suggéré un itinéraire en huit , auquel je n’avais pas pensé au départ.

Merci également à Philipe Feix pour avoir pris les inscriptions ce jeudi alors que j’étais à la bourre pour me rendre au CAF.

A bientôt pour de nouvelles aventures

Jean-Pierre Galuppo

Les liens pour les photos avec les itineraires

Photos Montaigu 22 fevrier 2014

Photos Pene det Pouri 23 fevrier 2014