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Pas facile ce jeudi de proposer une sortie alpinisme, les conditions ne sont pas terribles (beaucoup de neige tombée dans la semaine) et la météo ne fait pas mieux (des nuages et du vent fort). Mais les motivés sont bien là, comme d'habitude ! J'opte pour une sortie à la journée le samedi dans les pyrénées orientales, qui ont l'air d'avoir moins reçu de neige, mais où le vent n'a plus sa réputation à faire !

Rendez-vous est donc donné à Aurélie, Nathalie, Teresa, Thomas et Fabien le vendredi soir au gîte de la Cabanasse, où je commence à avoir quelques habitudes.

Au dernier moment, Arnaud s'incruste, et c'est tant mieux, on est quand même mieux à 2 encadrants !

Le lendemain, départ tôt, mais pas trop, car certains ont déjà bien profité de leurs RTT la veille ! 5h30, nous commençons donc la remontée des pistes de Formiguères, à skis. Au sommet de la station, une pause dans la cahute des pisteurs nous permet de souffler un peu (enfin... c'est surtout le vent qui souffle et il ne se lassera pas de la journée). Après la traversée de la serre de Maury, nous gardons les peaux pour descendre au refuge des Camporells, l'occasion pour Nathalie, qui débute en ski de rando de tester de nouvelles techniques !

Au refuge, ouvert et gardé ce we, nous profitons de quelques minutes de répit pour faire un petit bilan de l'état des troupes : malgré l'heure tardive et les conditions assez dantesques, tout le monde est motivé pour continuer et aller au moins voir au pied de la face est.

Par chance, nous trouvons un endroit un peu moins venté pour nous équiper et certains troquent même les chaussures de ski pour des chaussures d'alpinisme. En face de nous, deux couloirs parallèles remontent la face :

- à gauche, le Felipo, tout en neige, coté AD

- à droite, la goulotte Génépy, cotée D-, pour laquelle nous sommes venus et qui nous nargue avec sa glace !

Etant donné l'horaire déjà bien avancé, nous nous disons avec déception que nous allons nous rabattre sur le couloir Felipo plutôt que nous engager à 3 cordées dans la goulotte, mais finalement, une fois au pied, nous n'arrivons pas à résister à l'appel de la glace qui s'offre à nous : c'est parti pour tout le monde (les derniers ont quand même dû attendre un certain temps avant de pouvoir s'engager à leur tour, mais ils n'ont pas fini complètement congelés).

Arnaud part, suivi d'Aurélie et de Teresa, que je talonne pour ne pas perdre de temps. C'est là que je me rappelle que Teresa débute et qu'elle n'a jamais planté un piolet de sa vie... Elle a vite appris ! Nous tirons une grande longueur de 50m presque entièrement en glace jusqu'à une zone qui se couche où les emplacements de relais ne sont pas évidents. Au tour de Fabien de monter, puis de la dernière cordée, menée par Thomas.

Après ce régal de première longueur, nous terminons par une longue pente de neige en corde tendue et nous sortons par un peu de mixte sur une vague arête qui nous permet de rejondre l'arête NE. Personne n'a vraiment envie de poursuivre jusqu'au sommet du Péric dans la soufflerie et nous descendons l'arête pour enfin retrouver nos skis.

Vers 15h, nous retrouvons le refuge et une collation bien méritée : c'était une première dans ce niveau pour certains et malgré les rafales et la longueur de la journée, tout le monde a l'air content !

Il nous reste ensuite 200m à remonter pour rejoindre la serre de Maury, puis une petite séance sur vaguelettes gelées nous ramène aux pistes, où nous pouvons enfin apprécier les skis que l'on traîne depuis le matin ! Les habitués des raquettes ne les ont pas vraiment regrettées ! 

Après une bonne et facile descente sur la neige dammée, nous retrouvons enfin les voitures : il doit bien être 17h30.

C'est ce qu'on appelle une bambée mémorable ! 

Merci à Arnaud pour l'encadrement et à tous pour la bonne humeur et la motivation : il en fallait pour aller tâter du glaçon si loin !

 

Après cette journée bien occupée, nous étions encore 5 survivants pas complètement épuisés, ni découragés par les gouttes, à grimper à Calamès dimanche...

 

Isabelle Girard